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Pornographie

Pornographie, un faux reflet de la réalité....

La pornographie, tout le monde croit savoir ce qu’elle est aujourd’hui…

La pornographie en quelques chiffres : Plus de 50% des jeunes de 15 à 24 ans ont consommé des images pornographique au moins une fois au cours du 1er semestre 2006. 10% des mineurs voient de la pornographie au moins une fois par semaine 8% des sondé-e-s ont été confronté-e-s à leur première image pornographique avant l’âge de 11 ans. Seuls 16% des mineur-e-s d’âge échappent aux images pornographiques 60% des sondé-e-s estiment que ces images représentent « un bon vecteur d’éducation sexuelle ». Près d’un tiers des jeunes citent spontanément l’éducation sexuelle comme un des effets positifs de la pornographie. Pour près d’un jeune sur cinq, la vue d’images pornographiques n’est pas agréable. Parmis ceux-ci, 9% se sont sentis obligés d’en consommer. Toutefois, les garçons ont une recherche plus active de consommation que les filles. Plus de 15% des filles regardent des images pornographiques contre leur gré. Près de 60% des filles sont en désaccord avec l’image véhiculée par les films porno où la femme semble satisfaite des pratiques sexuelles. Seuls 4 garçons sur 10 partagent cette opinion. (Source : Jeunes et sexualité, dossier de presse de la Mutualité socialiste, 2006.) Pourtant, selon la législation belge, il est interdit de faire de la publicité à des mineur-e-s pour des offres de services à caractère sexuel, ainsi que de faire de la publicité pour des services sexuels proposés par des mineur-e-s, de diffuser ou de distribuer des images à caractère pornographique qui mettent en scène des mineur-e-s.

La pornographie pose surtout problème sur internet. Par exemple, votre boîte e-mail est facilement envahie par des images pornos non voulues. Ces « pourriels » ou « spams » constituent une forme de « cyberviolence ». Si l’on ne veut pas être bombarbé par cette pornographie non souhaitée, à nous alors de trouver des filtres et d’être vigilant-e-s dans les courriers que nous ouvrons !

Pour de nombreuses personnes, la première image de sexe qu’elles ont vue était une image pornographique. Mais contrairement à ce que semblent dire les jeunes qui ont été sondés dans l’enquête citée ci-dessus, la pornographie n’est pas une bonne source d’éducation sexuelle. La principale raison est que la majorité des images pornographiques (sous leur forme de photos ou de vidéos) ne montrent pas une relation égalitaire entre les femmes et les hommes qui assurerait une relation épanouissante pour tout le monde. La pornographie renvoie l’image d’hommes qui sont des « bêtes de sexe » et doivent toujours être performants : ils ont toujours envie, ils ont des érections « pendant des heures », ils « assurent » dans toutes les positions,.... De leur côté, les femmes doivent toujours être disponibles et prêtes à satisfaire les envies des hommes. Elles semblent toujours « prendre leur pied » facilement et instantanément, sans que l’homme ait à faire autre chose qu’une pénétration (comme les « fameux » préliminaires, des caresses sur d’autres parties du corps,... ou d’autres plaisirs qui « prennent du temps »). L’Université des Femmes considèrent donc que ces images déforment la vision de la sexualité et ne correspondent pas à une sexualité épanouie vécue au quotidien, faite de dialogue, de temps, de créativité … mais aussi des faiblesses de l’être humain ! Nous ne sommes pas des superhéros ni des superhéroïnes ! Les images pornographiques « traditionnelles » renforcent une vision inégalitaire de la sexualité, qui enferme les hommes et les femmes dans des rôles inégalitaires.

Un des effets pervers de la pornographie est de nous faire nous sentir mal ou nul parce que notre vie sexuelle ne fonctionne pas comme dans les images pornographiques. Il est important de réaliser que la sexualité, ce n’est pas si facile. Chaque personne fonctionne différement. Il faut donc apprendre à se connaître pour pouvoir arriver à un plaisir partagé.

N’oublions pas que la pornographie est avant tout un commerce. Le moteur de la pornographie n’est pas d’aider à l’apprentissage de la sexualité ou à encourager le dialogue avec son, sa ou ses partenaire-s.

Ceci dit, pour des adultes qui connaissent bien leur corps et celui du/de la/des partenaires, la pornographie peut être un outil qui pimente la sexualité. Par ailleurs, on assiste depuis quelques années à un courant de pornographie dite « féminine », faite par des femmes et, selon elles, pour des femmes et qui intègre une vision plus réaliste, plus égalitaire et plus féministe de la sexualité. Néamoins, ce n’est pas ce type de pornographie qui est consultée, volontairement ou involontairement, par les jeunes et le grand public.

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L’Université des Femmes

L’Université des Femmes est une ASBL qui rassemble des féministes avec la volonté de développer et de diffuser un savoir féministe. Ce savoir est une réflexion sur les questions de société en lien avec les femmes, qui s’interroge sur ce qui fait obstacle à l’égalité et qui dénonce les discriminations dont les femmes peuvent être victimes « simplement » parce qu’elles « sont » des femmes.

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