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Virginité

La virginité, au fond, c’est quoi ?

La virginité est une notion relative et variable. Il n’existe aucune définition « scientifique » ni communément acceptée de la virginité et chaque définition a ses propres insuffisances.

Certains définissent la virginité comme étant un état physique lié à la présence d’un hymen intact chez les femmes. D’autres considèrent plutôt qu’il s’agit d’un état psychologique, symbolique ou spirituel. Les dictionnaires établissent la virginité comme le fait de « ne pas avoir connu de relations sexuelles ».

Personne ne sait vraiment ni où ni quand est née l’idée de virginité. Dans les religions monothéistes, le concept de virginité a une très grande importance. On y vante « la pureté de l’âme qui ne succombe pas à la tentation de la chair », c’est-à-dire qui ne cède pas au désir sexuel. Dans la religion catholique, la virginité de Marie, mère de Jésus, est même le symbole de la pureté de l’âme et du corps. La religion musulmane a reconnu l’existence de la vierge Marie, validant ainsi le dogme chrétien de la virginité hyménale (c’est-à-dire la présence d’hymen). Les Juifs, depuis la révélation de la Tora, doivent eux aussi s’abstenir d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Comme pour toutes les grandes religions monothéistes, cette interdiction touche normalement les hommes et les femmes, mais en pratique elle pèse essentiellement sur les femmes.

Mais il n’y a pas que la religion qui se mêle de la virginité. La société, la communauté, la famille, la culture et les traditions le font également. Par exemple, certaines tribus d’Afrique valorisent l’expérience sexuelle des femmes et soumettent les jeunes filles vierges à des rites d’initiation. Parfois, le premier rapport sexuel d’une femme (son « dépucelage ») est considéré comme dangereux pour l’homme, et ce soin est alors confié à une matrone ou au chef de la tribu. Certaines communautés indiennes d’Amérique latine admettent aussi les relations sexuelles avant le mariage, tant pour les femmes que pour les hommes. Ces exemples montrent bien que la virginité est une affaire de représentation et qu’elle est perçue de manière différente selon les lieux, les époques et les « cultures ».

Mais, généralement, c’est sur la virginité féminine que toute l’attention est mise. Pourquoi donc ? La virginité des jeunes filles a joué, et joue encore, des rôles différents, selon les époques et les endroits. La virginité féminine est parfois considérée comme une façon de s’assurer de la paternité des enfants ou de préserver l’ « honneur » de la famille (les femmes vierges étant plus respectées). C’est parfois un moyen d’éviter aux jeunes filles de commencer leur vie sexuelle « trop tôt » et de contrôler leur sexualité. C’est aussi parfois considéré comme un moyen de contraception fiable (ce qui est faux puisqu’il peut y avoir introduction de sperme et donc fécondation potentielle sans pénétration du pénis).

Le concept de virginité féminine est le plus souvent basé sur la présence de l’hymen, une fine peau située à l’entrée du vagin. Traditionnellement, la présence de cette membrane constitue la « preuve » de la virginité. Plutôt, c’est son déchirement, lors du premier rapport sexuel, qui confirme la perte de la virginité L’absence d’hymen ou de traces de sang lors de ce premier rapport ne veut pas nécessairement dire que la femme n’est pas vierge. Ceci, tout simplement parce que l’hymen peut aussi se rompre dans d’autres situations (en faisant du sport, par exemple) et que certaines femmes naissent sans hymen.

Si l’on veut définir la virginité, il semble primordial de définir d’abord ce qu’est la sexualité. On peut considérer que la sexualité n’est pas uniquement une question de pénétration vaginale. Elle concerne plus largement toute activité liée aux organes sexuels (comme des caresses, une éjaculation « externe », la sodomie, une fellation ou un cunnilingus). On peut alors affirmer qu’une femme peut être initiée à la sexualité, indépendamment de la présence ou de l’absence de son hymen. Une personne peut aussi se considérer comme étant toujours vierge même si elle a fait l’objet de relations sexuelles alors que celles-ci sont non consenties (un viol).

Pourquoi les jeunes filles devraient-elles vouloir à tout prix démontrer leur virginité ? Pourquoi les garçons ne semblent-ils pas soumis au même impératif ? Cela vient-il d’une pression extérieure, sociale ? La virginité est-elle réellement importante pour s’épanouir dans une relation affective ou sexuelle ? La société, la religion, la tradition, les groupes d’amis ou la famille peuvent inciter à rester vierge ou, au contraire, à avoir des rapports sexuels. Or, il s’agit là d’un choix qui doit être fait par les principales personnes concernées. Il est donc important de se questionner, de s’informer et de dialoguer avec son/sa partenaire afin d’être en mesure de faire un choix vraiment personnel.

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