Avortement/IVG
La dépénalisation de l’IVG permet d’éviter les drames liés aux avortements clandestins… mais attention aux retours en arrière !
L’avortement est une pratique qui a toujours existé. Mais auparavant en Belgique, celui-ci était illégal. Il était tout de même pratiqué, dans des conditions sanitaires déplorables : les femmes qui avortaient prenaient donc des risques importants pour leur santé. Dans le monde, de nombreuses femmes meurent encore chaque année des suites d’un avortement réalisé dans de mauvaises conditions sanitaires. En Belgique, l’avortement ou IVG (Interruption volontaire de grossesse), qui est le terme légal, est dépénalisé depuis 1990 : il n’est donc pas autorisé, mais est toléré dans certaines conditions déterminées par la loi.
Ces conditions sont les suivantes : Un délai de six jours doit être respecté entre la première consultation et le jour ou l’avortement est pratiqué. L’IVG ne peut être pratiqué que jusqu’à 12 semaines de grossesse. Après 12 semaines, il ne peut y avoir une IVG que pour des raisons de santé concernant la mère ou l’enfant.
Du point de vue financier, l’accès à l’IVG est quasi gratuit (pour les femmes bénéficiant d’une couverture sociale). Et la demandeuse bénéficie aussi d’un accompagnement psychologique. En Belgique, nous avons la chance d’avoir une bonne couverture sociale. Mais celle-ci ne protège pas nombre de personnes : c’est le cas des femmes sans-papiers, par exemple. Elles ont un accès moins facile à la contraception vu qu’elles ont généralement peu de moyens financiers, elles ne peuvent pas bénéficier de l’IVG gratuit comme les autres femmes, etc, car elles sont considérées comme illégales sur le territoire belge. Ce qui pose une autre question : celle de l’égalité des droits humains pour tous et toutes.
Il est possible de recourir à plusieurs techniques d’IVG : la technique médicamenteuse qui peut être pratiquée jusque 7 semaines de grossesse ou 49 jours sans règles. Elle consiste à prendre des médicaments pour que l’embryon soit expulsé. L’autre technique, la méthode chirurgicale par « aspiration » peut être pratiquée jusque 12 semaines de grossesse. Pour plus d’informations sur ces deux méthodes vous pouvez consuter le site suivant : http://www.planning-familial.be/grossesse3.html
Pouvoir recourir à l’IVG dans de bonnes conditions et ne pas en être pénalisée a nécessité un long combat. Ces luttes ont été menées par des femmes, souvent féministes, avec le soutien de certain-e-s professionnel-le-s (médecins, infirmières, travailleurs sociaux,...) et d’hommes. En Belgique, elles ont duré pendant des décennies. La création des premiers centres de planning familial dans les années 60 témoigne de cette volonté d’aider les femmes et les couples à maîtriser leur fécondité. Ces centres extra-hospitaliers ont commencé à pratiquer l’IVG avant même que la loi sur la dépénalisation ne soit adoptée. C’est donc un réel engagement citoyen de femmes et de professionnel-le-s qui vous permet de jouir de ce droit aujourd’hui.
Cependant il faut être prudent : rien n’est jamais tout à fait acquis. En effet, c’est un droit qui est souvent remis en question par certains groupements, notamment les groupes politiques de droite dure ou ceux construits sur certaines convictions religieuses. Ce droit est d’ailleurs encore loin d’être acquis dans de nombreux pays. Le Portugal, par exemple, vient seulement, en mars 2007, d’autoriser l’IVG. D’autres pays ont supprimé ce droit, comme la Pologne qui mène aujourd’hui une politique extrêmement restrictive de ce droit, alors qu’elle autorisait l’IVG à l’époque de l’ex-bloc de l’Est.
Un des arguments des pays qui ne l’ont pas légalisé est le suivant : si on l’autorisait, cela provoquerait forcément une augmentation importante du nombre d’IVG. Cet argument est faux : on peut constater en Belgique que, depuis que l’IVG est dépénalisé, le nombre d’IVG pratiquées n’a pas augmenté de manière notable. Par ailleurs, la dépénalisation permet d’encadrer les femmes qui veulent recourir à l’IVG. Cela permet également d’adapter un moyen de contraception plus efficace, ou simplement de lancer un processus contraceptif pour les femmes qui n’en avaient aucun auparavant.
En Belgique, ce droit a été long à obtenir, et on ne peut exclure qu’il soit un jour remis en question par des courants de pensée réactionnaires. Ajourd’hui, ce droit peut sembler une évidence… Mais il faut être conscient des conséquences si nous le perdions et dès lors se mobiliser pour le conserver.
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